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   Les divers noms des toubou et la langue toubou  

       Les terme « toubou », de nos jour, est communément accepté pour designer l’ensemble de ce groupe ethnique centré sur la moitié septentrionale du Tchad. Ce vocable fait aujourd’hui à peu prés l’unanimité, mais c’est seulement avec «la rébellion toubou»,à partir des années 1960, que sont usage s’est diffusé en même temps que l’ethnie se faisais connaître au grand public. Les Toubous eux-mêmes ne se désignent d’ailleurs pas ainsi, mais par deux autre termes. Les uns se dénomment Téda, au nord, et les autres Daza, au Sud. Le mot toubou provient d’une langue voisine, celle des kanouri, agriculteur du Bornou au sud-ouest du lac Tchad. Dans la langue kanouri « toubou » signifie « habitant du Tibesti » (de-bou, les habitants et Tou, le Tibesti). IL s’agit donc au départ d’un terme restrictif, puisque le massif montagneux, au nord de l’actuelle République du Tchad n’est qu’une partie du vaste domaine occupé par les Toubous. Mais ces montagnes abruptes sont considérées comme le domaine par excellence des Toubous, du fais qu’elle leur ont souvent servi de lieu de repli et de refuge au cours de leurs histoire.

          

           Les Téda et les Daza sont les deux grandes composantes du monde toubou et les habitants du Tibesti, pour leur part, se désignent par le terme de Teda-tou, c’est-à-dire les Teda du Tibesti par opposition aux autres qui vivent en dehors de ce massif. Les Teda et les Daza n’ont aucun terme pour se designer globalement. Les Teda parlent le teda-ga ou « langue des Teda », et le Daza parlent daza-ga ou « langue des Daza ». Mais sous ces deux variantes, il s’agit d’une seule et même langue, qui leur est propre, même s’il n’existe pas de terme pour la désigner en dehors de ses deux formes dialectales. Cette langue est une langue a tons, parlée extrêmement rapide, et qui présente de consonance assez aiguës en particulier dans les phrases interrogatives et subordonnées. Elle proche de la langue kanouri, à tel oint que  les kanouri, s’ils ne comprennent pas immédiatement le teda-ga ou daza-ga, l’apprennent très rapidement. La langue des Toubou n’a en revanche aucun rapport linguistique proche avec celle des touaregs ou des peuls, non lus avec l’arabe.

     La différence linguistique entre les Teda et les Daza est de loin le lus nette, car les multiples migrations et des nombreux inter-mariages qui se sont produits au fil du temps, d’un groupe a l’autre, ont multiplié les interférences culturelles et accentués le flou des frontière entre ces deux grands ensemble. Ainsi, certain Teda ayant migré vers le sud sont devenus de Daza, tandis que, inversement, des Daza peuvent devenir des Teda en migrant vers le nord et en adoptant la langue et les mœurs des Teda, alors même d’ailleurs qu’une fraction de leur groupe restées sur place, pouvait ne pas subir la même évolution. Il en résulté que un tel mélange que de tribus, de clans et de famille que la distinction est loin d’être toujours très claire entre les Teda et les Daza. C’est pourquoi certain préfèrent avoir recours à des désignations basées uniquement  sur la langue : Dazaga-da, « ceux qui parlent la langue de Daza », aux tedaga-da ceux qui parlent la langue de Teda. La confusion règne d’autant plus que les appellations n’ont ni le même sens ni le même extension pour tous les toubou. Ainsi, les habitants du Tibesti désignent sous le non de « Daza » tous les toubou du sud et se montrent plus restrictifs dans l’usage du terme « Teda », qui est le nom qu’ils se donnent a eux-mêmes. Dans le sud au contraire on a tendance à n’appliquer le terme « Daza » aux toubou du Kanem et du Manga, c’est-à-dire les régions les plus méridionales, et on appellera « Teda » des groupes toubou situés un peu plus au nord, que les vrais Teda ne considèrent pas comme tels.

     Par ailleurs, certains groupes assez vastes ont tendance à se désigner par leur nom particulier, et non pas par le terme le plus global de Teda ou Daza, même s’ils font indéniablement partie de l’un ou l’autre ensemble. C’est le cas par exemple des Kréda, qui vivent au bahar-el-Ghazal, juste au nord du lac Tchad. Ils forment une tribu très importante, au sein du monde daza, et ils réservent a leurs voisins l’appellation de Daza tandis qu’ils se désignent eux-mêmes comme Karra, c’est-à-dire Kréda. Il en de même pour des nombreux groupes.

             Il ne servirait à rien ici d’entrer dans le détail de toutes ces ramifications de groupes et sous-groupes, qui sont d’une grande complexité et qui nous entraîneraient bien loin de notre propos. Il nous suffira de retenir que les Toubou, pour l’essentiel, se répartissent entre Teda au nord, et Daza au sud. Il y’a de lieu toutefois de signaler un autre terme, parce qu’il est très répandu : c’est celui de « Goranes ».Nous l’éviterons dans la suite de cet ouvrage car il serai source complémentaire de confusion, d’autant que sa signification n’est pas la même selon le locuteur qui l’emploi. Les Arabes du Tchad appellent « Goranes » les Toubou du Sud et, à leur suite, les militaires français puis les administrateurs coloniaux ont fais un large usage de ce mot par lequel ils désignaient, par commodité, toutes les populations non-arabes du nord du Tchad. Il est encore d’un emploi très courant de nos jours au Tchad.           

 

LES TOUBOU DU SAHARA CENTRAL

CATHERINE BAROIN                            

 

 

 

 

 

 

  Le Sahara est devenu un désert après une lente transition (experts)

Le Sahara est devenu le plus grand désert chaud de la planète il y a environ 2.700 ans après un très lent changement selon des travaux parus jeudi aux Etats-Unis qui remettent en cause une théorie avancée en 2.000 selon laquelle la désertification aurait été brutale.

Il y a 6.000 ans le Sahara était alors très vert, couvert d'arbres, de savanes et comptant de nombreux lacs. Cette vaste région plus grande que l'Australie était aussi habitée, précise les auteurs de cette étude publiée dans la revue américaine Science datée du 9 mai.

La plus grande partie des indices physiques témoignant de l'évolution de la géographie du Sahara ont été perdus. Mais en étudiant les couches de sédiments prélevés au fond de l'un des plus grands lacs sahariens restant, le lac Yoa, situé dans une région reculée du nord du Tchad, cette équipe européenne, canadienne et américaine de scientifiques a pu reconstituer l'histoire de la région au cours des 6.000 dernières années.

Ils ont analysé ces sédiments, effectué des tests géochimiques et examiné les indicateurs biologiques comme les pollens provenant des arbres et plantes qui se trouvaient tout autour avant que le désert ne s'installe. Ils ont également procédé à des analyses des restes de micro-organismes aquatiques.

Les résultats de ces travaux vont à l'encontre de la théorie selon laquelle le Sahara est devenu un désert il y a environ 5.500 ans et ce en quelques siècles, marquant la fin de la période humide africaine, quand des pluies saisonnières comme des moussons s'abattaient régulièrement sur la région, explique Stefan Kröpelin, un géologue de l'Institut d'archéologie préhistorique de l'Université de Cologne en Allemagne et principal auteur de l'étude.

 

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