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  Les gouffres de l'Ennedi

Les effets de l'érosion fluviale sont là. L'Ennedi est sillonné de toutes parts par des gorges encaissées, creusées de toute évidence par l'écoulement des eaux. La puissance de certaines gorges (Koboué, Maya) témoigne de la violence des éléments.

Maya et Koboué étaient les buts de ce voyage d'exploration. L'érosion a réussi à creuser ces gouffres gigantesques et spectaculaires. De tels reculs de la falaise supposent d'énormes quantités d'eau.

Ces deux gouffres s'ouvrent sur des réseaux hydrographiques différents, Maya vers le lac Tchad au sud-ouest et Koboué vers le Nil au nord-est par l'intermédiaire du wadi Howar.

Le gouffre de Maya.

Au terme de la longue remontée du wadi, on débouche sur une immense piscine cachée par une végétation luxuriante La présence de nombreuses relictes végétales est certainement le caractère le plus remarquable et le plus révélateur de la flore de l'Ennedi. Dans ce massif buriné par l'érosion le hasard a voulu que, ça et là, des zones en raison de leur emplacement spécial, bénéficient de conditions exceptionnelles d'humidité, échappent à l'assèchement général et donnent asile à des espèces anachroniques dans l'ambiance actuelle.  Le Sahara de jadis, celui que l'on imagine par ces images, comme étant un ensemble de vastes prairies herbeuses coupées de marécages et traversées par des fleuves aux rives boisées, se retrouvent encore à l'état ponctiforme au fond de ces quelques gorges cachées dans la partie peu accessible de l'Ennedi. La recherche et la découverte de ces zones, dont quelques unes n'avaient jamais été visitées par des non africains (Koboué) ont été l'un des objectifs des missions du professeur Gillet.

Le gouffre de Koboué.

43 ans après le professeur Hubert Gillet nous atteignons ce lieu magique, empreint de légendes et de peurs. Véritable entaille dans le massif, les parois verticales plongent de prés de 400 mètres en contrebas du plateau. Le rôle biogéographique du massif de l'Ennedi est considérable; une grande partie de l'histoire végétale africaine se lit dans les fissures de ces blocs de grès, qui ont servi de caravansérail aux grands courants floristiques africains. Plantes venues d'Afrique du sud, des Indes, d'Afrique orientale, d'Ethiopie, du Sahara, toutes ont pénétré dans cette citadelle. Dans les flancs de l'Ennedi, défendue par de puissantes murailles, protégée des vents desséchants de l'Est, vit encore, isolée de tout contact, la même riche florule dont se nourrissaient les éléphants et les hippopotames récemment disparus.

L'Ennedi nous livre encore au vingtième siècle des images inestimables, reflets d'une époque révolue, celle du Sahara verdoyant. Dans ses profondeurs, des êtres -animaux et végétaux- y vivent depuis des siècles, voire des millénaires, à l'abris des grandes perturbations du monde.

 

 

 

 

 

    Faya-Largeau

Faya-Largeau ou Faya est la principale ville au nord du Tchad. Elle est le chef-lieu de la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET) et du département du Borkou. Originellement appelée Faya (haya en toubou est du au fait que l’un de sous-clan toubou qui est celle de hayara y habitait), la ville fut renommée Largeau d'après le nom du colonel Étienne Largeau lors de la colonisation. Quand le Tchad recouvra l'indépendance, la ville prit le nom de Faya-Largeau. La ville fut prise par les troupes Libyennes en 1975 lors de la guerre entre les deux pays quand la Libye annexa la bande d'Aozou, mais elle fut reprise par les forces d'Hissène Habré en 1980. Grâce à des ressources en eau importantes dans le sous-sol de la ville, la principale industrie est l'agriculture (dattes, raisins …), et a la fin de chaque récolte des dattes une fête est organisée, c’est la fête « d’Embi » communément appelée « Bourkou-Embi », elle dure toute la période du récole des dattes. Tous les originaire du BET en provenance de la capitale N’Djaména, Fada, Kouba Olanga, Batingené … y assistent pour l’organisation de cette fête, durant la quelle les jeunes « halaguena » vêtus de leurs jolis boubou et leurs turban de plusieurs mètres sur les chameaux ornés de beaux tapis persan dit « kilimé » et les légendaires belle filles du BET forment la beauté de l’Embi.

 

Salah HABRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le luth chez les Toubou

En dépit de son allure modeste, le luth est un élément clé de l’expression artistique des jeunes Toubou. Sur sa musique discrète et nostalgique, l’auditoire reconnaît des paroles qui louent la beauté de telle jeune femme, la richesse et la gloire de son père. Cependant d’importants changements sont intervenus dans la fabrication du luth, dans le contexte social où se joue sa musique ainsi que dans le répertoire musical, marqué par l’urbanisation. Cet article situe la place du luth dans la musique des Toubou par comparaison à d’autres sociétés sahariennes, et met l’accent sur ces évolutions.

 

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