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  Le système économique toubou : bilan

La vie économique des Toubou, au total, se caractérise donc par une intense circulation de richesse qui s’effectue, encore aujourd’hui, essentiellement à l’écart des marchés. C’est depuis la période coloniale surtout que des marchés, en petit nombre, se sont développés à la marge de l’espace toubou, mais les éleveurs y vendent peu d’animaux. Ils y écoulent en priorité ceux qui sont improductifs (mâles en surnombre, femelles stériles), pour faire face à cette obligation nouvelle de payer l’impôt, et se procurer des céréales qui autrefois étaient obtenues par d’autres moyens (la razzia, le tribut ou le troc).

Le système de production des éleveurs toubou se fonde sur une juxtaposition de cellules familiales de taille réduite, qui sont autant d’unités de production exploitant chacune son propre troupeau, dont la taille est limitée par celle de la famille. Chacune de ces unités est autonome dans la gestion de son cheptel et libre de ses mouvements, mais n’en est pas moins liée à un ensemble d’autres cellules familiales par de multiples obligations ponctuelles de solidarité qui surgissent à l’occasion, sur fond de parenté ou d’alliance.

Dans son principe, la création d’une unité de production nouvelle (le couple et son troupeau) n’implique aucune nécessité de recours au marché puisqu’elle est l’aboutissement d’un vaste circuit de transferts de richesse qui reste largement interne à la société toubou. Celui-ci fait intervenir de multiples cellules familiales préexistantes, apparentées pour les unes au futur chef de famille, pour les autres à sa future épouse. Le passage par le marché n’a lieu que si le beau-père exige un paiement en thé et sucre, obligeant le gendre à vendre des animaux pour se procurer ces denrées.

Mais la circulation de richesse ne se limite pas au mariage. D’autres facteurs y contribuent, tels que la circoncision, l’héritage, les prêts de bétail, la compensation pour meurtre ou blessure. Or dans ces circonstances aussi, les transferts de biens restent intérieurs à la société toubou. L’économie mercantile n’y a pas sa place. Ce n’est donc pas seulement la production, mais aussi la distribution des richesses qui, sous tous ses aspects, s’effectue en quasi totalité à l’écart du marché.

Il nous reste maintenant à considérer le troisième volet de la définition de la vie économique, à savoir la consommation des richesses. Elle est, chez ces pasteurs, réduite au strict minimum. La frugalité des éleveurs des zones arides ou semi arides, de manière générale, est un phénomène suffisamment connu pour qu’il ne soit pas utile de s’y étendre. Sauf en cas de nécessité absolue, ils préfèrent garder leur cheptel plutôt que de le tuer ou de le vendre. Le surplus éventuel de capital (c’est-à-dire les animaux en surnombre, compte tenu des besoins de la famille et de ses capacités de gestion) est réparti en prêt dans d’autres cellules familiales, ce qui permet au riche propriétaire de diversifier les risques et d’élargir son influence. Ceci revient à dire que, plutôt que de consommer leur richesse, les Toubou préfèrent la redistribuer. Il y a chez eux un rapport étroit entre redistribution et consommation, en ce sens que la consommation prend la forme d’une redistribution supplémentaire.

Sous ses trois aspects que sont la production, la circulation et la consommation de la richesse, la vie économique des Toubou prend donc une forme quasi exclusive, celle de transferts de bétail. Ces transferts président aux mécanismes de constitution de capital (c’est-à-dire de formation du troupeau), ils sont le moyen par lequel s’effectuent les paiements et par lequel s’expriment les marques de solidarité. Dans cette société acéphale, où chaque chef de famille considère qu’il n’a de comptes à rendre à personne, la sociabilité revêt la forme d’un enchevêtrement de réseaux individuels de liens solidaires, basés sur la parenté et l’alliance, et ce sont ces réseaux qui sont le canal de la vie économique, c’est-à-dire qui régulent la circulation du bétail entre les familles.

 

 

 

 

 

 

 

 


   Géographie du Tibesti

 

Le Tibesti est une zone désertique située dans le nord du Tchad. Elle est dominée par le massif du Tibesti où les aurores ont la couleur du sang. Il y a des milliers d'années, le Tibesti était une région pluvieuse. Infiltrées à cette époque, les eaux sont restées accumulées en d'immenses réservoirs souterrains. A travers les couches de grès poreux, des nappes alimentent des résurgences jusqu'à des centaines de km, comme à Ounianga Sérir. Les lacs ainsi formés ne subsistent qu'à l'abri de murailles naturelles qui empêchent les alizés d'y entasser du sable. Mais le vent pénètre par les moindres créneaux. Il pousse au milieu des flots des "langues de désert" alternant avec des marais foisonnant de roseaux. Ici et là, des rochers émergent des vagues, tels des navires pétrifiés. A mesure que les brèches s'agrandissent, le lac s'assèche davantage.

C'est en contournant les reliefs du Tibesti (des cônes de roches éruptives) que s'accélère l'alizé venu du nord-est. Chargé de sable abrasif, il attaque, au sud-est, les grès du plateau de Borkou et, au nord-ouest, ceux du plateau du Tchigaï. Il y creuse de profonds couloirs. Sur les pentes abritées, au sud-ouest, le vent se ralentit, déposant les résidus de l'érosion. Ainsi s'est formé au cours des siècles, un immense océan de sable : l'erg de Bilma.

Au nord-ouest du Tibesti, le plateau du Tchigaï est jonché d'énormes blocs sphériques d'un mètre de diamètre, formés de couches sédimentaires friables. On s'explique assez mal leur genèse. D'aucuns y voient une action conjuguée du vent et de l'ombre portée. La course quotidienne du soleil entraînerait un cycle de variations de température et d'humidité suffisantes pour altérer le pourtour de chaque roche.

 

Au dessus de l'Ehi Timi, haut de 3040 m, lorsque le soleil descend sur l'horizon, le nuage de sable fin soufflé sur les montagnes par les alizés ne laisse filtrer que le rayonnement de couleur rouge. Au crépuscule, la fraîcheur tombe brutalement : les écarts thermiques atteignent 30 °C par jour sous abri, et bien d'avantage au vent.

Situé au pied du pic Toussidé, deuxième sommet avec plus de 3.300 m d'altitude, le Tarsou est un cratère de 13 km de diamètre, profond de 1200 m et dont les parois forment par endroits des à-pic vertigineux. Les chevriers y descendent avec leurs troupeaux, friands des dépôts salés (natron) qu'on y trouve à l'état naturel et qui forment des traînées blanches. Les sources d'eau chaude et les fumerolles soignent les affections rhumatismales et les sinusites.

Près des lacs d'Ounianga, aux rives jalonnées de sources d'eau douce, les palmiers vont chercher l'humidité en profondeur grâce à leurs racines. Ils parviennent ainsi à survivre, malgré l'assaut du sable poussé par les vents. Mais pour combien de temps ? Car le désert avance et les dunes ont vite fait de se former autour du premier obstacle, à plus forte raison quand il s'agit d'un tronc d'arbre.

 

   Le royaume du Kanem (Kanem-Bornou)

Le royaume du Kanem est fondé vers le VIIIe siècle par la dynastie Teda (Toubous, population noire originellement établie au Nord du Tibesti). Sa capitale fut la ville de Ndjimi.

Musulman à partir du règne d’Oumé (vers 1085), il atteignit son apogée avec Dounama Dibalami (1220/1259), qui l’étendit vers le Fezzan et le Nil et lia des relations avec les royaumes berbères, en particulier avec les Almohades.

Après la mort de Dounama le royaume se morcela rapidement. Au XIVe siècle, il fut menacé par les Saos et les Boulala venus de l'est. Pour échapper à ces attaques extérieures, les souverains du Kanem durent se réfugier sur la rive ouest du lac Tchad où ils fondèrent le royaume de Bornou en 1395.

Le Bornou reconquit le Kanem et devint le Kanem-Bornou au XVIe siècle. L'empire atteint son apogée sous le règne d'Idriss III Alaoma (1580-1603).

A la fin du XVIIIe siècle, le Bornou a retrouvé une puissance certaine et étend son influence jusque sur les peuplades de la Bénoué moyenne. Sa prospérité est essentiellement basée sur le trafic des esclaves.

À la fin du XIXe siècle, la région est ravagée par le négrier soudanais Rabah qui s'impose comme le dernier sultan du royaume ; puis ce dernier est écrasé par les armées françaises en 1900.

 

 

 

 

 

 

 

    L'histoire du Bornou

Le royaume de Bornou (capitale : Koûka, sur la rive Ouest du lac Tchad), a longtemps été un État  puissant. Héritier du royaume de Kanem, fondé par une dynastie Toubou au XIe siècle, il apparaît vers le XVIe siècle et sera, par sa position géographique, à la fois un pivot des échanges économiques dans le Soudan central (Les Pays tchadiens), et  l'une des portes d'entrée de l'Islam en Afrique Noire. Exploré par les Européens seulement au XIXe siècle, qui le démantèleront au tout début du XXe siècle, il sera décrit comme un vaste territoire compris à peu près entre le 11° et le 15° de latitude Nord, et entre 7° 30' et 14° de longitude Est. Borné à l'Est par le lac Tchad et le cours du Chari, qui le séparent du Ouadaï et du Baguirmi; mais partout ailleurs avec des limites assez mal déterminées.

Au Sud, vers l'Adamaoua, le Bornou entretient des guerres continuelles, et l'autorité du cheikh y est très contestée; à l'Ouest, la frontière du côté de l'empire de Sokoto est une ligne sinueuse allant du Sud-est au Nord-Ouest, et qui peut varier d'un instant à l'autre selon les guerres et les circonstances locales; enfin, au Nord le Bornou confine au Damerghou et au Kanem, qu'il a fini par absorber, tout comme l'ancien royaume Mandélé. De ce côté les incursions des Touaregs, celles des Ouled-Sliman, et aussi les entreprises du sultan du Ouadaï ont rendu tout à fait illusoire la souveraineté du cheikh de Bornou sur le Kanem et même sur le Damerghou. On lui donnait une population de l'ordre de 5000000 d'habitants, soit environ 38 hab/km², densité très forte pour une contrée africaine de grande surface.  

Dates -clés : 

930 - Ibn Hauçal mentionne les Sao (Sô) du lac Tchad.

XIIe s. - les Kanembous (originaires du Kanem) repoussent les Sô et les autres tribus de la région.

XIVe s. - Le Bornou naît d'une scission au sein des Kanembous.

XIXe s. - Le Bornou subit l'hégémonie des Peul.

1900 - Bataille de Kousseri; le Bornou sous domination française.

A la découverte d'un empire

Les voyageurs et leurs récits.
Ce grand État du Soudan central, fut connu d'abord en Europe par les récits de Léon l'Africain au XVIe siècle, mais n'a été parcouru et décrit par des voyageurs européens qu'au XIXe siècle. L'expédition de Oudney, Denham et Clapperton, aux frais de l'Association africaine de Londres, y parvint en 1823 par la route de Tripoli et de Mourzouk, voyage qui fait époque dans l'histoire des découvertes au centre de l'Afrique; plus importante encore par ses résultats scientifiques fut celle dont le gouvernement anglais chargea J. Richardson, H. Barth et A. Overweg, en 1849. Richardson mourut le 29 février 1851 à Ngouroutoua, à quelques jours de marche, à l'Ouest de Kouka, la capitale du Bornou; Barth cependant avait parcouru, outre l'empire de Sokoto, la partie occidentale du Bornou, et Overweg la partie orientale. Ce dernier, après avoir exploré la région du Tchad, navigua sur le lac, ce qui n'est arrivé à aucun autre Européen, puis mourut sur ses rives, à Madouari, en septembre 1852. Vogel, qui en 1853 était envoyé pour collaborer avec Barth, rejoignit celui-ci qui avait parcouru les pays au Sud du Bornou, séjourna quelque temps avec lui à Kouka, puis partit pour le Ouaddaï, où il devait être assassiné. Des quatre envoyés du gouvernement anglais, Barth seul put revenir en Europe en 1855, avec une ample moisson de documents précieux sur la géographie, l'histoire naturelle, les langues, l'histoire du Bornou et des pays voisins, où il était resté six années.

En 1850, le P. Philippo da Segni, de Turin, partit de Tripoli, demeura vingt jours à Kouka, et revint après un rapide voyage dont le récit n'a aucun intérêt géographique. En 1862, Moritz von Beurmann parcourut le Bornou dans le sens du Nord-Est au Sud-Ouest et fut massacré à Mao, dans le Kanem, en cherchant à pénétrer dans le Ouaddaï. Gerhard Rohlfs, dans son grand voyage de la Méditerranée au golfe de Biafra, traversa aussi le Bornou, du Nord au Sud, et recueillit des renseignements importants. En 1869, le roi de Prusse, désireux d'engager une politique de colonisation dans la région, prit le prétexte de vouloir reconnaître le bon accueil que le cheikh du Bornou avait fait aux voyageurs Barth, Overweg, Vogel, Beurmann et Rohlfs, pour lui envoyer le docteur Nachtigal, sur la désignation de Rohlfs. Nachtigal fut chargé d'emporter divers présents, et de rapporter autant d'informations que possible. Parti de Tripoli en février 1869, le voyageur explora le pays des Tibbous (Toubou), puis le Kanem et le Bornou, remit au cheikh un fauteuil doré en velours cramoisi, des portraits, une pendule, des montres, un harmonium, etc., et plus heureux que ses prédécesseurs, revint par le Ouaddaï et le Darfour. Enfin, en 1880, les voyageurs Matteucci et Massari, venus de l'Est par le Ouaddaï, traversèrent le Bornou, en se rendant à Bidda sur le Benoué; leur itinéraire se confond, de Kouka à Kano, avec celui de Barth, et il n'a été publié au sujet de ce qu'ils ont vu que des notices très succinctes.

Les populations du Bornou.
Le Bornou, au moment de son exploration par les européens, présente un singulier enchevêtrement de populations d'origines variées; il est comme un carrefour où les populations de l'Est, du Nord, de l'Ouest et du Sud de l'Afrique se sont rencontrées et fondues. Les Kanouri (Kanori), l'élément qui domine aujourd'hui, résultent d'un mélange de toutes les populations établies dans le pays, mélange qui s'est constitué à une époque relativement récente en une sorte de nationalité, avec une langue spéciale, souple et riche, mais sans d'alphabet propre; on croit que les principaux facteurs ethniques de la population Kanouri sont des Kanembou venus du Kanem aux XIIIe et XIVe siècles, des Toubous, des daza, qui ont suivi ce même mouvement d'exode vers le Sud et qui tous se sont alliés aux habitants primitifs du pays. 

A côté des Kanouri, les explorateurs ont noté de nombreux groupes de population qui ont conservé leur unité, leur langue et leurs moeurs particulières, qui ne se sont pas fondus et mélangés; ce sont : les Makaris ou Kotoko, dans le Longue et Loogon de Kotoko, les Keribina, dans la même région, forestiers et chasseurs, méprisés de leurs voisins, et, quoique musulmans, mangeant le cochon et le sanglier; les Ilousgou, au Sud des précédents, païens, vêtus seulement d'un tablier de cuir, tuant leurs prisonniers, mais plus beaux de forme et plus élancés que leurs voisins; les Gamergou et les Mandara, islamisés, sur le versant Nord des montagnes du Bornou méridional. Un autre groupe, un peu à l'Ouest du groupe Makari, est celui des Marghis et Babir, en partie seulement convertis à l'Islam, vivant dans des buttes isolées au milieu des grandes forets et considérés par leurs voisins comme des barbares. D'après Barth, ils parleraient une langue qui n'a de lointaines analogies qu'avec celle des Mousgou.

A l'Ouest du Bornou est un troisième groupe qui comprend les Fika, les Kerrikerri, les Beddé, entamés peu à peu par l'Islam, et les Mangas qui parlent le kanouri, et un idiome à part, semblable à celui des Beddé, population haute de taille, ayant pour tout vêtement un tablier de peau, et portant, en sus de l'arc, une petite hache de combat à l'épaule. On peut compter comme formant un quatrième groupe, les Kanembou, Goyam et Toubou, au Nord.

A ces groupes il faut ajouter, des Haoussa dans les provinces de Genremet et de Zinder, des Peul dans celle de Mounio, des Touaregs, à la frontière Nord, des Yeddima ou Bouddouma, insulaires du lac Tchad, païens et pirates, et enfin des Arabes répandus un peu partout. De ceux-ci il est venu un grand nombre, marchands on aventuriers, de toutes les parties de l'Afrique, qui se sont établis çà et là parmi les autres populations. Une centaine de mille de personnes d'origine arabe, venus plusieurs générations plus tôt, se sont maintenus à l'époque des explorations du XIXe siècle presque intacts en groupes répartis dans le voisinage du Ouaddaï, de l'Adamaoua, et même au centre du Bornou, sous le nom de Chouas (pasteurs). Ils mènent la vie pastorale, se livrent à l'élevage des chevaux ou des boeufs, car ils ont renoncé au chameau, et quelquefois même labourent le sol; ils parlent l'arabe avec une pureté remarquable. 

Dès cette époque, l'élément Kanouri, de beaucoup le plus important, tend à s'augmenter continuellement, par le fait que tous ceux des païens qui embrassent l'Islam, apprennent le kanouri bien plus que l'arabe; le kanouri est pour eux le signe d'une civilisation supérieure; il est la langue officielle, et l'arabe, qui avait autrefois ce titre, n'est plus admis à la cour; le nombre de ceux qui le parlent ou l'entendent va chaque jour diminuant, en dépit de la religion. Celle-ci au contraire fait chaque jour de nouveaux adeptes, et les populations diverses, serrées entre les Haoussa à l'Ouest, les Kanouri à l'Est, tous fervents musulmans.

 

 

 

 

 

 

 

 

    Ennedi, Sahara du bout du monde

Situé au nord-est du Tchad, l’Ennedi est un massif montagneux limité par des falaises abruptes presque infranchissables, sauf en de rares passes qu’empruntent difficilement les pistes chamelières. La difficulté d’accès à cet immense plateau de grès, vaste comme la Suisse, nous offre le privilège d’un isolement insoupçonnable. Des terres vierges y sont encore à découvrir… L’Ennedi, carrefour biogéographique Son relief, à la fois compact et démantelé, sculpté de tours et creusé de profonds canyons, le classe parmi Les massifs les plus spectaculaires que nous connaissons. L’Ennedi est le carrefour des diverses influences que lui confère sa position unique sur la bordure méridionale du Sahara. Sur un fond de Sahara omniprésent, la végétation africaine fait exploser son exubérance aux creux des gorges, tandis que la végétation éthiopienne, voire indienne, se cache discrètement dans les replis et les niches d’altitude. Bastion maintenant cerné de toutes parts par les sables, il est un refuge inviolable pour une faune et une flore reliques. Le Sahara des Toubou et des Goranes Voyager au nord du Tchad, c’est aussi côtoyer une population nomade immuable qui a conservé toute son originalité et sa vitalité. Dans ces zones de repli ou d’expansion, les massifs montagneux du Tibesti et de l’Ennedi abritent une société unique et farouchement indépendante. Les populations de l'Ennedi appartiennent à deux groupes principaux, distincts par leur langue. Ils sont communément appelés Toubou ce qui signifie "Les habitants du Tibesti", le groupe Teda Daza, correspond au nom par lequel ils se définissent eux-mêmes. Sous le nom de Gorane, le groupe Béri vit à cheval sur la frontière tchado-soudanaise. Ils sont en général désignés par deux noms que leur donnent les Tchadiens : Les Zaghawa et les Bidéyat.

Malgré deux langues différentes, ces deux peuples sont similaires sur le mode de vie : ce sont des éleveurs de caprins et de chameaux.

Du Tassili de Bachike aux canyons de Bachikelé

Ce grand voyage se déroule au coeur d’un des plus beaux bastions tassiliens du Sahara. L’itinéraire prend le départ au sud de la petite localité de Fada, de l’oued Bachiké, et découvre jour après jour un environnement étonnamment varié. L’eau a sculpté les grès, faisant naître des formes invraisemblables puis le vent a peaufiné son oeuvre d’art. Cette érosion puissante et inéluctable a creusé dans les plateaux austères des canyons et des gouffres profonds, des dédales chaotiques de blocs gréseux, des labyrinthes aux enchevêtrements inattendus. La lisière occidentale du massif, très tourmentée, érige des massifs rocheux dont les grès forment des paysages d’une rare beauté, où le blond du sable vient mordre sur le rouge de leur patine. Ce mariage heureux donne au massif une richesse naturelle et un environnement étonnant. Haut lieu de l’art rupestre saharien, l'Ennedi reste un champ de prospection immense ; la diversité et la beauté de l’art pariétal y sont remarquables.

Terkeï, Tokour et Archeï

D'avis de sahariens, les reliefs de grès de l'Ennedi et les trésors naturels qu'ils renferment constituent l'un des joyaux paysagers du Sahara. La présence de l'eau y favorise la préservation d'une vie insoupçonnée dans cette partie du monde, vestige d'une époque où ce désert n'en était pas un, comme en atteste l'art rupestre. Il est difficile de croire que ce paysage résolument tassilien avec ces gorges, ces arches, ces citadelles inexpugnables taillées dans le grés, renferme une telle végétation et parmi les derniers représentants des crocodiles vivants au Sahara. La grande richesse de ce massif en art rupestre complète ce tableau idyllique. Cette découverte comblera jusqu'aux sahariens les plus exigeants.

 

 

 

 

 

 


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