Le royaume du Kanem (Kanem-Bornou)
Le royaume du
Kanem
est fondé vers le VIIIe siècle par la dynastie
Teda
(Toubous, population noire originellement établie au Nord du
Tibesti).
Sa capitale fut la ville de
Ndjimi.
Musulman à partir du règne d’Oumé
(vers 1085), il atteignit son apogée avec
Dounama
Dibalami (1220/1259), qui l’étendit vers le
Fezzan
et le
Nil
et lia des relations avec les royaumes
berbères,
en particulier avec les
Almohades.
Après la mort de Dounama le royaume se morcela rapidement.
Au XIVe siècle, il fut menacé par les
Saos
et les
Boulala
venus de l'est. Pour échapper à ces attaques extérieures, les
souverains du Kanem durent se réfugier sur la rive ouest du lac
Tchad où ils fondèrent le royaume de
Bornou
en
1395.
Le Bornou reconquit le Kanem et devint le Kanem-Bornou au
XVIe siècle. L'empire atteint son apogée sous le règne d'Idriss
III Alaoma (1580-1603).
A la fin du XVIIIe siècle, le Bornou a retrouvé une
puissance certaine et étend son influence jusque sur les
peuplades de la
Bénoué
moyenne. Sa prospérité est essentiellement basée sur le trafic
des
esclaves.
À la fin du XIXe siècle, la région est ravagée par le
négrier soudanais
Rabah
qui s'impose comme le dernier sultan du royaume ; puis ce
dernier est écrasé par les armées françaises en
1900.
Le Tibesti
Le Tibesti,
au nord du Tchad, est un grand massif volcanique dont les
sommets sont les plus élevés de l'Afrique Tropicale, l'Emi
Koussi culmine à 3410 mètres. Un cadre lunaire de volcans
éteints, de laves pétrifiées, d'orgues de basalte qui
s'enchevêtrent dans un chaos monumental. Accrochés aux flancs de
ces montagnes vivent quelques milliers de Tedas. Carrefour de la
préhistoire, cette région fut très certainement le berceau de
l'humanité (récente découverte de l'Australopithèque du Bahr El
Gazal, Abel, vieux de plusieurs millions d'années).
L'ascension de la plus haute montagne du Sahara est
proposée par de nombreuses agences (une dizaine de jours).
Autour du Tibesti, le désert s'étend à perte de vue :
- au sud, l'ancien bassin du lac Tchad occupé par l'erg Djourab
et l'erg Bilma,
- à l'ouest, en direction du Niger, le plateau du Tchigaï,
- au nord-ouest, les grands " serirs " (espaces vides) qui
mènent au Fezzan libyque,
- à l'est, des falaises ponctuées d'oasis et d'étranges lacs
turquoises (Ounianga), puis plus loin des erdis (plateaux) en
bordure de la dépression du Mourdi,
- au sud-est, l'Ennedi.
Attention ! Pistes rares, non entretenues et non balisées,
terrain en partie miné suite à la guerre contre la Libye à la
fin des 80's, guide toubou indispensable, aucune ressource pour
les voyageurs (ni carburant, ni magasin), situation politique
fluctuante.
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pistes pour atteindre le Tibesti :
- au nord, la piste du Fezzan (1200 km de Sebha à Bardaï),
- à l'ouest, la piste du tassili (1200 km de Djanet à Zouar),
- au sud, la piste de Faya Largeau (1500 km de N'Djamena à Zouar).
Massif méconnu, presque oublié, grand comme la Suisse, au
nord-est du Tchad, l'Ennedi reste l'une des dernières zones
sahariennes à explorer ; tout y est exubérant : falaises
verticales, gouffres (Bachikele, Kaboué) et tassilis
torturés, gueltas magnifiques (Archeï) où viennent s'abreuver
des centaines de chameaux, sources cachées (Maya), jaune de la
mer de sable dans la dépression du Mourdi et bleu magique des
lacs natronés d'Ounianga Sekhir et Kebir, plaine infinie et
sensuelle de l'erg du Bembéché, oasis de Faya - point d'échange
historique entre le Fezzan Libyen et les empires sud sahariens,
salines de Demi, faune sauvage (les derniers crocodiles du
désert) et végétation rare, vestiges préhistoriques et peintures
rupestres, ...
L'Ennedi est l'un des berceaux de l'humanité : des milliers de
peintures et de gravures rupestres tapissent les murs des abris
sous roches ; leur inventaire fut réalisé en 1956-57 par Gérard
Bailloud. Le massif a été étudié à la même époque par le
botaniste français Hubert Gillet.
Très difficile d'accès, il faut avaler 1200 km de piste depuis
N'Djamena pour atteindre le massif de l'Ennedi (3 jours et demi
de 4x4).
Tchad, le
désert secret Méharée dans l'Ennedi
Après les chaos de la piste, arrivée à Fada. Des peintures
rupestres par centaines sont peintes sur les parois
vertigineuses de grès, signalant l'entrée dans le massif de
l'Ennedi. Le spectacle est inimaginable et surréaliste. De plus,
depuis le puits de Ouaï, de très nombreux nomades et des
caravaniers accompagnés de centaines de chameaux se rencontrent
quotidiennement. Ils sont en route vers la Libye, malgré la
saison torride. Belle leçon d'humilité face à la chaleur qui
frôle parfois les 50 °C, car le besoin en viande du Maghreb ne
souffre d'aucune interruption.
Près de Archeï, les chameaux nous attendent. Nous délaissons un
temps la piste pour la vie de transhumance. Les nomades d'ici
sont surtout des Bideyats - l'ethnie du président -, mais
beaucoup de Toubous sont encore présents. Nous discutons souvent
avec les locaux aux points d'eau. Presque chaque fois, un
éleveur se souvient d'un Français venu seul en chameau par le
désert du Soudan et de l'Égypte. C'est de moi qu'il s'agit ! Je
suis stupéfait de cette mémoire du désert et des informations
qui circulent… Déjà à Ounianga, j'avais rencontré un ancien
capitaine de l'armée tchadienne avec qui j'avais dîné -
plusieurs fois - de boules en sauce lors de ma détention de deux
mois dans les geôles et les camps militaires tchadiens de 1990.
Il m'avait même informé que mon geôlier de l'époque, Massoud -
le n° 2 de l'armée - non seulement n'était pas mort, comme je le
pensais, mais avait été nommé général à N'Djamena. On me promet
même une visite cordiale de courtoisie…
Le trek entre les colonnes de grès en équilibre instable est
fabuleux. Des nomades habitent les canyons en permanence. Les
puits attirent les troupeaux de tous les alentours, en
particulier en cette saison. C'est un festival de couleurs, de
bruits, d'odeurs, d'animation…
On aurait pu penser que le Sahara était mort, que les nomades
avaient disparu. Encore en saison tempérée, on aurait pu être
abusé. Cette fois, au cœur de l'été, ils accourent, dans leur
quête perpétuelle de l'eau, quasi quotidiennement.
Cinq jours durant, nous allons circuler entre les cheminées de
fée, les couloirs de dune, les canyons. En cherchant un peu, on
peut trouver des peintures rupestres inconnues de tous, des
gueltas à sec en cette saison où des ânes sauvages et parfois
des mouflons se sont fait piéger par la sécheresse, et parfois
par la pente devenue trop raide pour en ressortir.
Au moins deux fois, nous voyons des hardes de mouflons. Puis des
gazelles. Toutes les bêtes sont devenues beaucoup moins
prudentes par la nécessité absolue de se rapprocher des points
d'eau. En période tempérée, une telle vision n'aurait pu être
possible. Souffrir un peu de la chaleur est apparemment le prix
à payer pour profiter de spectacles impensables et qu'on croyait
perdus à jamais.
Évidemment, chaque chose a son effet pervers. En milieu de
matinée, nous nous engageons tous - les deux chameliers, trois
Occidentaux et le guide, escortés de cinq chameaux de bât - dans
un ravin impraticable ni en 4x4 ni même à pied sans logistique.
Le but était de voir de superbes peintures des ancêtres des
habitants de l'Ennedi - peut-être les plus belles - qui
représentent presque des Peuls nomades actuels, escortés de
leurs zébus à longues cornes.
Je marche avec Jidé un peu en retrait. Et soudain, une vipère
des sables se glisse entre les jambes de notre compagnon.
Certes, elle n'est pas très grande - une vingtaine de
centimètres tout au plus -, mais largement assez toxique pour
tuer. " Snake ! ", j'ai crié sans réfléchir. Jidé, heureusement,
a bondi, chaussé de mes tongs en plastique, car il ne supportait
plus ses chaussures de trekking fermées à 150 US$. Le reptile
n'était qu'à un ou deux centimètres de ses orteils…
C'est aussi cela, partir au début de l'été, le moment où les
insectes et les reptiles sont les plus actifs. Car pendant les
mois d'hiver, ils hibernent et sont absents du biotope saharien.
Les Tédas
Appeler ETHIOPIEN par les Grecs, TUBU ou TOUBOUS par leurs
voisins, Tedas en Tedaga, leur langue. Le mélange des peuples
Garamantes et Nubiens donne naissance au Tedas. Le TIBESTI, est
un Royaume autonome d'Afrique du nord, dans le nord du Tchad, se
prolongeant dans le nord-est du Niger et dans le sud de la
Libye.
Les Tédas sont:
Arina , Derdékichia, Dirsina ,Erdirga , Eguéméda ,Ehida, Emewoya
Ezedia, houctia , Madia, Odowoya, Odrouya ,Serdega ,Tamertoua ,Tarsouya,
Tawouya, Tchioda, Tédéma, Tega , Tezéria, Tirindra , Touzouba ,
Fourtouna , Gouboda, Gouna, Keassa, Koussouda, Kressa, Mahadena,
Mogodé, Naagra, Teran,Toudoufouya, Serdiguia, Toumagra , zouya .
- 500 000 à vivre en libye dans les villes de: Gatrone, Koufra,
Tezerbou oasis deser Libyque, Mourzouque, Tigerie, Sabha.
- environ 150000 au Tchad dans les villes de: Zouar, Bordo, Wour,
Aouzou, Zoumerie, Omou, Tibi, Yeboubou, Gouro, Mourdi, Wayangna,
Faya, Fada. Ils sont parfois appelés Goran en tchadien mais ils
sont tous originaires du Tibesti. Et 10 000 au Niger, dans les
villse de Tiguee, Tommou, Dourkou. Soit 560 000 personnes.
La société Tedas est basée sur le système des clans. Les clans
constituent une cellule politique, les 36 clans ont tous un même
lien parental, aujourd'hui on ne compte plus que 32 clans,
chaque clan composer entre 50 et 60 générations.
Les Titres:
"Derdé" ou Mai " : Roi
"Derdï Maïna" : Prince
"Bouguidi" : seigneur
"Cochiami" titre on appel au noble
"bougui-tocoli" : Chef
- Les clans sont malgré tout indépendant et libre et l'autorité
du Derdé est plus moral que politique.
- Tedas , ensemble de territoires gouvernés par les Tedas, le
père fondateur de l'empire est Derde Taharké 1er en 1230 avant
jc, venu du l'est il crée l'empire de tedas composer des clans
indigènes de Tibesti et Fezzan. La patrie d'origine des Tedas
est située dans la zone de l'ouest du désert Libyque, du Fezzan
et du Tibesti. Dans cet environnement de clans, les Tedas
développent une économie fondée sur les moutons, les chèvres et
les chameaux, des produits sont cultivés dans les oasis. De plus
la chasse et le commerce des esclaves étaient la principale
occupation des Tedas, les TEDAS ont une forte tradition
culturelle.
La religion
Avant 1230 avant JC, les Toubous pratiquent la religion du dieu
du soleil, ensuite le judaïsme de 1230 avant JC jusqu'au 8ème
siècle, et depuis la religion majoritaire est l'Islam. Les
Toubous appliquent le droit coutumier mais pas le droit
musulman.
CULTURE
La culture Toubous c'est l'art et la poésie, la musique, le
sport (Soulo, proche du rugby mais mixte) et la chasse.
Les musique du Tibesti:
La musique du Tibesti utilise plusieurs instruments comme des
tambours, des instruments à cordes ou encore la flûte. Il
n'existe pas un seul spécialiste des Toubous.
Toumaï
Toumaï
est le surnom d'un crâne fossile de
primate découvert en 2001 au
Tchad. Il a conduit à la définition d'une nouvelle
espèce,
Sahelanthropus tchadensis, que certains paléoanthropologues
considèrent comme l'une des premières espèces de la
lignée humaine, probablement très proche de la divergence
chimpanzés-hominidés. L'âge du terrain qui a livré le fossile a
pu être déterminé par une méthode de
datation absolue en 2008 et serait compris entre 6,8 et 7,2
millions d'années.
Historique
Le
crâne quasiment complet de Toumaï (image)
a été mis au jour dans le désert du Djourab au
Tchad, à 800 km au nord de
N’djamena dans le cadre de la Mission
paléoanthropologique franco-tchadienne dirigée par
Michel Brunet. Il a été découvert le
19 juillet
2001 par une équipe de quatre hommes (Ahounta Djimdoumalbaye,
qui fut le premier à toucher le fossile, Fanoné Gongdibé,
Mahamat Adoum et Alain Beauvilain, qui dirigeait la mission) en
service au Centre national d'appui à la recherche (Ministère de
l'enseignement supérieur de la République du Tchad).
Cinq fragments de mâchoire et quelques dents ayant pu
appartenir à neuf individus ont été découverts sur trois sites
proches, de juillet 2001 à mars 2002.
Initialement, Toumaï n'avait pu être daté de manière
absolue mais des méthodes de
datations biogéochronologiques avait permis d'estimer son
âge à environ 7 millions d'années, en se fondant sur le degré
d'évolution des mammifères présents à ses côtés, par comparaison
avec d'autres faunes africaines similaires. Une série de
dates absolues a été obtenue par une équipe française pour
les niveaux de sédiments qui renfermaient le fossile. Ces dates
réalisées grâce à la méthode du
béryllium 10 / béryllium 9 ont permis d'établir que l'âge de
Toumaï est compris entre 6,8 et 7,2 millions d'années.
Caractéristiques de Toumaï
Toumaï mesurait environ un mètre et pesait près de 35 kg.
Pour ses découvreurs, Toumaï serait un mâle. Son très fort
bourrelet sus-orbitaire plaide également en faveur de
l'attribution du crâne à un mâle. Il vivait dans les forêts qui
jouxtaient le voisinage d'un lac ou à proximité d'une rivière.
La découverte de Toumaï, 2 500 km à l'ouest du
rift est-africain, a obligé le paléoanthropologue
Yves Coppens à remettre lui-même en cause sa théorie de l'East
Side Story formulée en
1982.
Dénomination
Toumaï signifie « espoir de vie » en langue gorane ou
Toubou. Ce nom a été choisi par le Président de la République du
Tchad. Il désigne dans cette langue des enfants nés juste avant
la saison sèche. Les chances de survie de ces enfants sont alors
plus limitées.